Connu pour son style raffiné et minimaliste, Jean-Michel Frank est le génie incontesté du mouvement moderne français. Passionné d’art et de littérature, il est devenu décorateur d’intérieur par hasard, lorsque Louis Aragon, un ami, lui demande de décorer son appartement. Très vite le Tout Paris, fasciné par son oeil, lui confie maisons et appartements. Aujourd’hui il reste la référence absolue des décorateurs et collectionneurs du monde entier. La biographie que lui a consacrée Laurence Benaim est la bible de tous les amoureux de cet immense décorateur.

« On peut meubler une pièce de façon très luxueuse en la vidant », est probablement l’une des citations les plus célèbres de Frank, soulignant son goût pour le minimalisme. Son chantier le plus iconique est l’hôtel particulier de Marie-Laure et Charles de Noailles à Paris, place des Etats-Unis. Murs couverts de parchemin, fauteuils immaculés, tables d’appoint en marqueterie de paille, lampes en quartz et portes en bronze : le salon immortalisé par les photographies en noir et blanc de Man Ray est devenu le paradigme de la sophistication.

Cependant, Frank ne se contente pas de décors minimalistes et de lignes pures. Son amitié avec les Surréalistes et avec Elsa Schiaparelli l’amène à dévoiler d’autres talents.  Dans les années trente, Frank commence à jouer avec les couleurs et imagine pour Elsa Schiaparelli et Rockfeller des intérieurs éclatants. Cuirs luxueux, ébène, ivoire, laiton et nuances délicates et nouveaux matériaux, dont le caoutchouc, couleurs saisissantes, Frank dessine des canapés orange et violet pour Elsa Schiaparelli et recouvre de coton bleu ciel le mobilier Louis XV des Noailles, …

À la fin des années 1920, Jean-Michel Frank s’associe à l’ébéniste Adolphe Chanaux et commence à créer des meubles et des luminaires en utilisant des matériaux peu courants comme le gypse, la terre cuite, le mica, le graphite, le galuchat, la paille ou le parchemin. Ensemble, ils partagent le goût d’une élégance sobre et des volumes purs. Ils s’inspirent des formes classiques, mais Frank tient à créer des meubles qui « vivent avec leur temps ».

Jean-Michel Frank est au sommet de sa gloire lorsqu’il doit fuir Paris, chassé par les nazis. Il se réfugie à New York, où il se suicide en 1941. Ses créations sont parmi les plus recherchées par les collectionneurs, et elles inspirent encore aujourd’hui les plus grands décorateurs d’intérieur.

The Invisible Collection a choisi quelques unes des créations de Jean-Michel Frank rééditées par Ecart International.
Première photo d’un projet d’intérieur de Fabrice Juan. Seconde photo d’un projet d’intérieur de Aline Hazarian. Troisième photo de Jean-François Gaté d’un projet d’intérieur de Studio Asaï.