Fondée à la fin des années 70, Ecart est l’œuvre d’Andrée Putman, cette esthète incomparable qui a su à elle seule faire revivre l’oeuvre oubliée de quelques grands créateurs des années 30, dont René Herbst, Jean-Michel Frank, Pierre Chareau et Eileen Gray. Instinctive, avec un goût unique, Andrée Putman a fait le choix contre-intuitif de rééditer certains meubles iconiques du passé dans une époque obsédée par la nouveauté.

Née dans une famille d’intellectuels et d’artistes, Andrée Putman apprend la musique avec Francis Poulenc, travaille pour la presse et dans la mode avec les plus grands mais aussi comme product designer pour Prisunic avant de trouver sa véritable vocation et de se faire un nom dans le monde du design. Sa passion pour l’artisanat, sa connaissance de la tradition des Arts Décoratifs français et son œil pour les formes minimalistes lui donnent une longueur d’avance.

En donnant à cette nouvelle entreprise le nom d’Ecart – qui signifie écart, ou distance en français et qui est le mot « Trace » épelé à l’envers – Putman faisait la première de ses nombreuses déclarations : elle prenait ses distances par rapport à la tendance générale et remontait aux empreintes laissées par les grands maîtres du début du XXe siècle. Elle se fiait à son instinct et à son goût pour les lignes essentielles, magnifiquement exécutées. Elle ne s’attendait pas à un succès aussi immédiat et rapidement elle vend aux collectionneurs et aux décorateurs d’intérieur du monde entier en rééditant des meubles iconiques.

Grâce à sa force de conviction, le monde a redécouvert le travail magnifique et novateur des maîtres du passé ; elle a réinventé et élargi notre champ de vision. Andrée Putman disparait en 2013, mais son héritage perdure avec Ecart International, qui continue à promouvoir un mobilier intemporel et propose des rééditions de meubles emblématiques du XXe siècle ainsi que de nouvelles pièces contemporaines.